• Warren : Chapitre 2 (soit : ces sales tricheurs de gryffondor)

    (>>Chapitre précédent<<)

     

    - Excellent, 3 points pour Serpentard.

    Ce qui était précédemment une assiette en céramique se baladait maintenant sur la table avec sa carapace sur le dos, au rythme ralenti d'une tortue terrestre. Le compliment de la professeur était d'autant plus appréciable que Mme McGonagall plaisantait rarement sur la distribution des points. C'était forcément sincère. Une étincelle de fierté brilla dans les yeux de Warren.

    D'un coup de baguette, elle fit revenir l'objet à son état initial, et donna enfin l'autorisation de ranger ses affaires. La classe bien sage se transforma vite en cohue générale et se vida en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Warren prit volontairement son temps pour fermer ses cahiers, et sortit bon dernier, avec une longueur de retard sur le gros de la classe.

    Un an de scolarité à Poudlard l'avait finalement confronté à beaucoup plus de nouveauté que ses onze années d'enfance avec son père. Il y avait toujours de l'activité partout et tout le temps : des groupes d'élèves qui discutaient, des hiboux, des lettres, des sortilèges ou des fantômes... même les escaliers semblaient décidés à déstabiliser les nouveaux venus. Quand à Warren, il en était venu à élaborer des stratégies pour se préserver un maximum de calme sur une journée de cours. Il faisaient ses devoirs aux heures où la salle commune était vide, et se débrouillait le reste du temps pour se caler à la bibliothèque ou pour rejoindre son corbeau à la volière. Il arrivait régulièrement en retard aux repas et mangeait alors en vitesse. Il s'appliquait en cour pour s'attirer les bonnes grâces des professeurs et ne s'approchait pas des élèves à problème dans le goût de Draco Malfoy. Bref : il était assez seul, mais cela ne le changeait pas vraiment de ses habitudes à la demeure familiale. Son seul regret : l'absence des couleuvres qui lui tenaient autrefois compagnie.

    La fin d'année approchait, et avec elle le fameux banquet du dernier jour. Dans les couloirs, tout le monde parlait du trophée des quatre maisons, des vacances d'été qui approchaient... Certains étaient ravis, d'autres regrettaient de quitter les couloirs familiers de Poudlard ou de se séparer de leurs amis. Warren, quand à lui, ne savait pas trop à quoi s'en tenir. Il allait retrouver le calme et la solitude de sa chambre à la demeure familiale, mais aussi le strict carcan de son père.

    Il passa à côté de la salle de répétition où la chorale de l'école chantait avec brio, accompagnée d'instruments invisibles. Au coin du couloir, il se dirigea vers la bibliothèque où il rendit les derniers livres empruntés. Même ici la fin de l'année sautait aux yeux : des cartons de rangement s'empilaient, la bibliothécaire pestait contre les retardataires, quelques Serredaigles de septième année faisaient leurs adieux aux étagères de bois sombre...

    Et l'heure du banquet approchait encore. Tout le monde se dirigeait petit à petit vers la grande salle. Un beau soleil de début d'été brillait au plafond magique et l'agitation était à son comble. Warren leva le nez vers les hautes tentures vert et argent qui décoraient la salle, en l'honneur de la maison gagnante. Oui, ils avaient bel et bien gagné la coupe des maisons, eux, les Serpentards ! Un léger sourire passa sur ses lèvres. C'était peut-être ridicule de se réjouir pour si peu, surtout que cette réussite était collective... Mais pour une fois qu'il se sentait appartenir à un groupe et qu'il en était fier, il n'allait pas se priver.

    A Poudlard, il avait aussi apprit à faire le tri entre toutes les sensations qui venaient l'accabler quand il était prit dans la cohue de la grande salle. C'était épuisant, mais remarquablement efficace, et ça lui permettait de suivre une conversation à sa table presque de bout en bout. Il s'installa à sa place habituelle, face à une rouquine dont il n'avait toujours pas retenu le nom (il n'avait dû lui adresser la parole qu'une ou deux fois sur l'année, pour échanger des banalités).

    - Sileeence

    Le calme revint d'un coup, et toutes les têtes se tournèrent vers le directeur. Il avait son habituel regard doux derrière ses lunettes en demi-lunes et un sourire tranquille se devinait sous sa barbe argentée. Il commença un discours sur le bilan de cette année assez mouvementé, dont Warren se fichait pas mal vu que ni la pierre philosophale ni le funeste destin d'un professeur félon n'allaient lui servir cet été. Enfin, il aborda les choses intéressantes :

    - Passons à présent à la coupes des quatre maisons. Avec 472 points, Serpentard est en première position.

    Une salve d'applaudissement accueillit cette déclaration. Les plus énergiques étaient sans hésitation les concernés.

    - Oui, oui... Bravo Serpentard... Cependant...

    Les hourras se calmèrent peu à peu. Le ton de Dumbledore ne plaisait pas, mais alors PAS DU TOUT à Warren.

    - Cependant, pour la plus belle partie d'échecs qu'on ait jouée à Poudlard depuis de nombreuses années, j'accorde 50 points à Ron Weasley.

    Quelques murmures s'échangèrent entre les tables. Tout le monde avait entendu parler des épreuves qu'avaient passés les trois Gryffondors pour empêcher le professeur Quirel de mettre la main sur la pierre philosophale. Avec plusieurs versions plus ou moins réalistes de ce qui avait pu se passer.

    - Pour la froide logique dont elle a fait preuve face à des flammes redoutables, j'accorde cinquante points à Hermione Granger.

    Warren jeta un coup d'oeil aux sabliers des maisons. Une pluie de rubis s'écoulait dans celui des Griffondors. Encore loin de rattraper le niveau des Serpentard, l'écart se réduisait rapidement.

    - Pour le sang-froid et le courage exceptionnel qu'il a manifestés, j'accorde soixante points à Harry Potter.

    Toute la salle retenait son souffle. Cette fois, Gryffondor et Serpentard était strictement à égalité.

    - Enfin, je tiens à dire que le courage peut prendre de nombreuses formes. Il faut beaucoup de bravoure pour faire face à ses ennemis mais il n'en faut pas moins pour affronter ses amis. J'accorde donc dix points à Neville Londubat.

    C'est un tonnerre d'applaudissement qui accueillit cette déclaration. Pour la première fois depuis sept ans, Gryffondor passait devant et gagnait la coupe. Tout le monde semblait ravi de la mine déconfite des Serpentards. Sauf les Serpentards eux-même, bien entendu. Et le professeur Rogue aussi, qui semblait prêt à fusiller le directeur.

    - Je crois que la salle va avoir besoin d'une nouvelle décoration, lança Dumbledore d'un ton guilleret comme si rien ne venait de se passer.

    Et, d'un coup de baguette magique, il changea les étendards verts et argents en rouge et or, et le serpent fit place au lion arrogant. Warren serra les dents. C'était absolument injuste, bien sûr, mais le pire restait de supporter la mine réjouie de toutes les autres maisons. Et de déchanter sur la nature de leur directeur. Ce n'était pas un homme juste et intransigeant comme il l'avait cru toute l'année, mais quelqu'un qui... choisissait les personnes auxquelles il voulait plaire.

    Dumbledore claqua des doigts et Warren oublia momentanément son ressentiment : les plats arrivaient. Comme au premier jours, les assiettes apparaissaient par magie et se remplissaient de mets variés pour que chacun y trouve son bonheur. Warren opta pour de la viande grillée et de la soupe de citrouille. Depuis qu'il avait trouvé au hasard d'un grimoire un passage sur la loi de Gamp concernant la métamorphose, il s'était questionné à propos de ce banquet : la nourriture ne pouvait pas être créé par magie, d'où venait-elle alors ? Quelqu'un avait forcément préparé ces plats. Mais ces questionnement ne l'empêchèrent pas de manger jusqu'à plus faim et même au delà. Lorsque la coupe des quatre maisons fut apportée à la professeur McGonagall, il n'en n'avait déjà plus rien à faire. Les Gryffondor avait eut la coupe de Quidditch ET des quatre maisons ? Grand bien leur fasse. Il avaient Harry le Survivant ? Qui d'autre en voudrait ? Lui, il allait retrouver ses couleuvre et son jardin dans la petite campagne anglaise, et sa bibliothèque, et son lit qui sentait son odeur à lui, et les fauteuils de cuir noir du salon, et même son père qui n'était pas si terrible finalement....


  • Commentaires

    1
    Vendredi 21 Février à 17:18

    woahhh j'ai a-do-rer !!! vraiment ça me fait un peu nostalgique quand j'ai lu le premier tome *sniff*

      • Vendredi 21 Février à 22:28

        Ho, bah... merci ?

        En tout cas, rien ne t'empêche de le relire ^^'. A mon avis tu dois bien l'avoir chez toi.

    2
    Dimanche 23 Février à 09:13

    Ce que j'écris en ce moment : les chroniques de l'adolescent rageur qui a des problèmes avec son père

     

    Peu importe, ça m'a donné pas mal de bons souvenirs... ah, l'enfance quand je passais les nuits sous la couette à lire et relire HP... maintenant, je prépare mes exams de maths... toujours sous la couette, hen.

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