• Warren : chapitre 0 (genre un prologue/ une préface/ un prélude/ rayer mentions inutiles)

    C'est décidé : je me lance sur quelques petits textes sur la vie de Warren Darkmantel, mon premier personnage de RPG Harry Potter. Et certainement pas le plus original à la base. 

    Il date de cette période qu'on pourrait classer "ado dark", soit :"je vais faire un personnage sombre et mystérieux, et serpentard évidemment". Je me suis quand même permise de le rendre le plus désagréable possible pour être un tout-petit peu moins cliché. 

    Et puis j'ai évolué. 

    Et lui avec moi, comme beaucoup d'autres persos. 

    J'espère. 

    Et j'en suis venue à imaginer beaucoup d'éléments de lui-même et de son passé qui ne tiendraient pas sur une fiche de personnage, tant pour expliquer le fond de sa personnalité que ce qu'il est devenu. 

    Bref, ces quelques textes n'aurons pas pour but de réécrire les Harry Potter avec le point de vue de Warren, car ce serait parfaitement dénué d'intérêt pour les fans ayant déjà lu 14 fois les bouquins, et totalement inintéressants pour les autres qui se fichent bien de la destinée du binoclard balafré. Je sélectionnerai simplement les scènes que j'estime importantes ou intéressantes. 

    Ha, et je ferai un minimum attention au style (c'est-à-dire que je prendrais le temps de me relire, attention !), donc je suis toute ouverte aux commentaires constructifs pouvant m'aider dans ce sens. 

     

    Warren était assit sur le rebord de la fenêtre. Dehors la tempête faisait rage, la pluie s'écrasait en trombe contre les carreaux et le vent secouait les arbres du jardin. Quelques centimètres après la vitre le garçon était était au sec, au chaud, emmitouflé d'une couverture de laine et plongé dans son traité d'histoire de la magie. Un livre qui sentait bon l'encre et le cuir. Vieux, sans doute, mais encore en très bon état, comme tous ceux de la bibliothèque de son père.
    - Warreeen !
    Le cris étouffé provenait de l'étage inférieur. Le garçon reposa son livre avec agacement et sauta sur le plancher de sa chambre. Quand son père hurlait comme ça, c'était mauvais signe.
    Sans se presser, il descendit le large escalier de marbre noir. Des globes lumineux flottaient dans le hall, diffusant leur pâle lueur. Son père était là, debout, la mine sombre. Un grand homme tout sec aux cheveux noirs coupés courts, avec de grands bras maigres et des traits tirés. Il portait une robe de sorcier cintrée, d'un noir de jais, qui fit grimacer Warren : la robe des grands jours. Et vu le regard noir assorti, le jeune garçon devait avoir quelque chose à se reprocher.

    - Warren Darkmantel... Je présume que vous avez oublié que nous devions accueillir ce soir les Rosier pour le dîner ?

    Ha, oui. Effectivement, maintenant que c'était dit, le garçon se souvenait avoir entendu parler d'une affaire de ce genre.

    - J'avais oublié, lâcha-t-il innocemment.

    - Je le vois bien. Autrement, j'ose espérer que te te serais vêtu en conséquences.

    Warren baissa les yeux. Il était 19h passées et il avait enfilé sa robe de chambres, et allait pieds-nus dans les vastes couloirs de la maison. Avec son visage encore enfantin, ses cheveux noirs ébouriffés et ses yeux assortis, il ne devait effectivement pas avoir l'air prêt pour un dîné d'affaire. Mais lui, ça l'arrangeait.

    - Peut-être que je pourrai rester dans ma chambre ? proposa-t-il avec espoir.

    - Il n'en est tout simplement pas question. Les Rosiers viennent avec leur fille Lola qui a le même âge que toi, et je compte sur toi pour lui être agréable. Ne me fait pas honte.

    - Mais père... Lola est tout sauf intéressante. En plus elle sent toujours le Jasmin à des mètres à la ronde... je pense qu'elle met du parfum.

    L'expression que lui retourna son père dissuada Warren d'étaler plus d'argument à l'encontre de Lola Rosier. Si les regards avaient été des armes, celui-ci serait certainement une lance barbelée.

    - Je T'INTERDIT de parler devant elle de son odeur, de celle de ses parents, ou même de celle du canapé. Interdiction formelle d'étaler ta science sur un sujet qu'elle n'aurait pas choisit. Interdiction formelle de lui manquer de respect de quelque façon que se soit. Ho, et évidemment, pas de fourchelangue.

    Le ton était sans appel. Le jeune sorcier hocha la tête.

    - Bien. Maintenant, file te changer, ils arrivent d'une minute à l'autre.

    Warren détala sans se faire prier, jusqu'à sa chambre, où il avisa avec nostalgie le volume à couverture de cuir encore posé sur le rebord de la fenêtre. Il trouva dans sa penderie une robe de sorcier bleu foncé sur une coupe assez similaire à celle de son père, avec de larges manches un peu encombrantes. Le tissu était raide. Il l'avait peu portée. Malgré les obligations de son père, il espérait que Lola se fatiguerait vite et qu'il pourrait retourner dans sa chambre.

    Un bruit de roues se fit entendre dans la cour, et Warren se colla à la fenêtre pour deviner les lumières d'une carriole noire dans la nuit, presque masquée par les trombes de pluie. Il réussit tout de même à remarquer les bêtes qui la tirait, de grands chevaux ailés. "Fins et racés... certainement des Ethonans". Warren l'avait lu quelque part dans un livre sur l'élevage de créatures magiques.

    Le bruit de la porte d'entrée s'ouvrant sur la tempête le ramena au présent. Il enfila des chaussures vernies et redescendit quatre à quatre les grands escaliers pour arriver à temps dans le hall, afin d'accueillir la délicieuse famille des Rosier.

    Ils portaient tous robes et chapeaux assortis, et le mari éteignait juste son sortilège de parapluie lorsque Warren arriva dans la pièce. Si son père le lui avait dit, il avait déjà oublié le nom de tous les membres de la petite famille, à l'exception de Lola. Il ne comptait de toute façon pas adresser la parole ni aux parent, ni au grand frère de la petite brune.

    Et évidemment, la cadette n'était pas la seule à porter un parfum aussi entêtant que répulsif : Mme Rosier sentait allégrement le fenouil. Warren ignorait jusqu'à l’existence d'un parfum utilisant l'odeur du fenouil.

     - Je vous en prie, faites comme chez vous. Le salon est par ici.

    Son père paraissait désormais beaucoup plus coulant. Plus de regard noir, plus de sourcils froncés : il était doux comme velours de son veston. Tout ce beau monde se dirigea sans se presser vers les fauteuil molletonnés, et tandis que les adultes entamaient des discussions barbantes, la jeune Lola venait vers lui avec son air niais habituel. "Ce n'est pas niais, c'est poli", lui dirait certainement son père. Il n'empêche, elle devait le détester autant lui la trouvait indifférente. Comme tout le monde. Il parait qu'il n’était "pas adapté". Était-ce sa faute, si les gens ne savaient pas tenir une conversation intéressante de bout en bout ?

    - Bonjour Warren. Comment vas-tu ?

    "Je vais que je préférerais encore être dans mon lit que de converser avec toi." Mais les indications de son père n'étaient pas oubliées, et il sortit plutôt la phrase bateau apprise par-cœur : 

    - Je vais bien, merci. Et toi ?

    Évidemment, cette ouverture invitait son interlocutrice à parler de ses cours, de ses robes, de ses boursoufles roses et du travail de ses parents. Ce qu'elle ne manqua pas de faire. Il aurait aimé que pour une fois elle explique où elle trouvait ses parfums, histoire de réellement lui apprendre quelque chose d'utile. Qu'il puisse haïr du fond du cœur le créateur de ces horreurs.

    - Hé, tu m'écoutes ?

    - Ho, oui oui. "Et quand ton chat Robert s'est retrouvé coincé dans un arbre, Victor a carrément utilisé "accio" pour le redescendre".

    Warren ignorait parfaitement l'identité de ce Victor, mais c'était peut-être un des membres de la famille, alors il préférait ne pas poser la question.

    - Ça n'a pas l'air de t'intéresser.

    "Absolument pas. Pas plus que les trois sujet précédents ni que tous ceux évoqués avec toi depuis qu'on s'est rencontré."

    - Ben...

    - T'as raison, on s'ennuie un peu. Il y a quoi d'autre dans ta maison ?

    Elle ne se rendait certainement pas compte de la faute stratégique qu'elle venait de commettre. Elle venait elle-même de lui ouvrir l'opportunité de choisir son sujet. Elle allait devoir quitter le confort de ses chats coincés et de ses robes mal taillées.

    - On peut aller à la bibliothèque... si tu veux.

    A sa tête, elle ne voulait clairement pas. Il allait insister un peu, mais elle fit un nouveau pas en terrain dangereux.

    - ... Et ta chambre ?

    Sa chambre ? Pourquoi pas. Très bonne idée même.

    - Suis-moi.

    Et, laissant les grands personnes discourir sur le ministère de  la magie, les deux enfants montèrent à l'étage.

    10 ans tout les deux, presque prêts à recevoir leurs lettres respectives pour Poudlard. Warren avait dû mal à savoir à quoi s'en tenir : on disait beaucoup de bien de cette grande école, et il allait enfin passer du temps loin de son père... mais c'était l'inconnu total.

    - Voilà, c'est ma chambre. On peut rentrer.

    Lola le suivit avec curiosité, bien plus affriolée par la nature du tissus de sa couverture que par son étagère de documentaires magiques. Au plus grand dam du jeune sorcier.

    - Ha, et voici mes colocataires.

    Warren avait un peu de fierté dans la voix : cette fois, même elle ne pouvait pas rester indifférente. Elle avait l'air d'aimer les animaux, elle allait forcément apprécier.

    Le cris qu'elle poussa lui vrilla les tympans. Et après on venait se plaindre de SES manières à LUI ?

    - Mais ils ne sont pas en cage ?! s'affola-t-elle

    - En cage ? Des serpents ? Et pourquoi faire ? Ils passeraient à travers les barreaux.

    Elle s'énerva un peu.

    - Non, mais en vivarium. Tu vois très bien ce que je veux dire.

    Elle commençait à faire quelques pas en arrière, visiblement mal à l'aise. Il faut dire que ses trois protégés étaient assez discrets dans le paysage de la chambre, qui enroulé autour d'un pied de lit, qui affalé sur une pile de bouquins, qui étendu sous l'armoire avec juste un bout de queue qui sortait. Elle n'avait pas dû les voir, et la surprise l'effrayait.

    - Mais ils sont inoffensifs ! Juste des couleuvres, de bêtes couleuvres à collier. Elles viennent du jardin, et passent l'hiver ici. Elles n'aiment pas le froid.

    Son père lui avait formellement interdit d'évoquer le fourchelangue. Il restait donc le plus évasif possible sur la raison qui l'avait poussé à héberger tous les serpents de la propriétés dans sa chambre. Lola faisait visiblement des efforts incroyable pour passer outre la surprise et l'incompréhension. Elle tenta vainement :

    - Et donc... il s'appellent comment ?

    Warren la regarda comme si elle était folle.

    - Comment ils s'... ? Mais ils n'ont pas de noms ! Enfin, c'est "serpent femelle", "serpent le plus gros" et "serpent le plus clair".

    Cette fois, ils s'étaient définitivement perdus. Ils allaient passer le reste de la soirée à tenter des conversations sans intérêt pour l'un ni pour l'autre, et finalement abandonner et tenter sans succès de suivre les échanges des adultes. Et enfin, se quitter encore moins proches que la fois précédente. Comme à chaque fois.

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 22 Novembre 2019 à 23:23

    Période 'd'ado dark' tu sais de quoi je pense ("DEMOOOOOOON DEMOOOOOOON et enfant maltraité qui veut se venger du monde entier") ah bah ouais maintenant je fais une liste de mes personnages actuels : une geek communiste qui a un compte de cadavres de quelques milliers, un mex de 13 ans obsédé par la seconde guerre, un savant fou qui euh... on va dire un peu compliqué pour décrire en quelques mots. Ah et, euh, j'ai un codeur addict au café froid. Et Lynko qui est Lynko que tu connais pas vraiment.

    Et une liste... euh... okay cette liste de dictateurs est pas aussi longue que ça.

    Tu vois l'évolution.

      • Samedi 23 Novembre 2019 à 09:15

        HEUREUSEMENT qu'on a le droit d'évoluer ! Et commencer par admettre des erreurs est déjà un bon début. ^^

      • Samedi 23 Novembre 2019 à 18:59

        N’est ce pas ! C’est en évoluant qu’on apprend. C’est une source de rire aussi, les vieux perso dark et démon avec une histoire trop tragique.

      • Samedi 23 Novembre 2019 à 20:31

        Brrr... Oui, mieux vaut accepter et en rire ! Ça permet d'être plus tolérant avec les erreurs des autres, de savoir qu'on a déjà fait les mêmes par le passé. Et qu'on en fera d'autre à l'avenir.

    2
    Lundi 25 Novembre 2019 à 21:51

    Oooh j’aime bien le concept de pouvoir en découvrir un peu plus sur le passé de Warren, c’est sympa ^-^

    3
    Vendredi 14 Février à 19:01

    troop bien écrit !!!! ^^

      • Vendredi 14 Février à 23:13

        Ma foi... Merci. Et bon retour parmi nous !

    4
    Samedi 15 Février à 09:50

     Je te remercie ^^ 

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