• La chanteuse

    Je n'ai guère eut le temps de dessiner cette semaine, ni de beaucoup participer sur eklablog... certains l'auront peut-être remarqué. Mais bref, là n'est pas la question ! Je ne suis pas très adepte des articles publiés pour dire "je ne publierai pas d'article" ! Donc oui : il va y avoir du contenu. Je vous propose ici une nouvelle écrite pour le concours de mon lycée, donc libre à vous de la lire et d'en penser ce que vous voulez, mais interdiction d'y toucher pour la mettre où que ce soit ! (Je sais, je me répète beaucoup, mais c'est un principe auquel je tiens... (presque autant que l'interdiction de divulgâcher* un livre... c'est pour dire !)

    * ou "spoiler", pour les anglophiles

    ... Oui, au fait, le titre de cette nouvelle est bien "la chanteuse" (que de surprises me direz-vous).

     

     

    - Allez, du nerf ! Il faut avoir terminé avant que le soleil ne passe les montagnes !

    « Ça irait sans doute plus vite si tu nous aidais, gros lard. »

    Tristan n'était pas suicidaire au point de prononcer ces mots à haute voix, mais il n'en pensait pas moins. Dégager des cailloux de la route, soit, mais pourquoi le faire au pas de course ? Surtout qu'après sept ans passés dans cet orphelinat, il savait pertinemment que les mêmes cailloux allaient revenir à leur place pendant la nuit ou être remplacés par d'autres similaires. Et ce n'est pas comme si cette route était fréquentée : tout juste une carriole de fournitures une fois par semaine et d'exceptionnelles arrivées d’orphelins. Autrement, personne ne s'aventurait dans ce désert de rocaille. Ils étaient totalement coupés du monde.

    Tristan tourna la tête pour voir Maè travailler à ses côtés. Elle avait, quoi ? Huit ans ? Neuf ? C'était honteux de faire travailler des enfants ainsi. A son âge on devrait jouer, chanter... simplement profiter de la vie !

    - Il est l'heure de rentrer, sa suffira pour aujourd'hui !

    Des dizaines de soupirs de soulagement accueillirent ces paroles. Tout les enfants se redressèrent pour offrir leur visage aux premiers rayons du soleil levant, tournés vers les lointaines montagnes à l'horizon. Il y en avait de tout les âges : des jeunes, des moins jeunes, et des vraiment petits. Tristan faisait partie des plus âgés.

    - Pas le temps de rêvasser, il faut rentrer au refuge.

    "Rentrer à la prison tu veux dire."

    Hadrian était le seul adulte de l'orphelinat, responsable à la fois des fournitures, des enfants et de l'entretien.

    Imposant dans son physique et sa manière d'être, il inspirait crainte et respect aux enfants les plus jeunes. Tristan, lui, n'avait que du dégoût. Pour cette grosse bedaine, ce gros visage barbu et ces grosses mains caleuses. Pour cette odeur âcre, cette voix d'ours et cette force brute. Pour cette sévérité, cette avarice et ce manque d'amour. Comment avait-il pu être nommé responsable d'un orphelinat ?

    Le soleil montant réchauffait leur dos engourdi par le froid nocturne, de plus en plus intense sur les plaines desséchées. Face à eux, l'imposant bâtiment de pierre grise qui faisait office d'orphelinat. Tristan entra bon dernier avec un ultime regard vers les montagnes dans le lointain.

    S'ensuivit une matinée d'apprentissage des chiffres, de l'écriture, de la géographie... Hadrian était un professeur exécrable qui parlait trop fort et partageait mal son temps. Il passait des heures sur des notions simplissimes avec les jeunes alors que les plus grands avaient besoin d'explications sur des points autrement plus compliqués. Définitivement, Tristan ne le supportait plus.

    Le repas se déroula dans un brouhaha ambiant. Un moment de repos bienvenu, juste entre enfants. La nourriture n'était pourtant pas fameuse : un bouillon fade dans lequel flottaient des morceaux de gras et quelques légumes. Mais la simple possibilité d'échanger entre eux sans avoir Hadrian sur le dos paraissait alléger leur journée.

    - Cet après-midi, on a atelier de confection !

    La mine réjouie de Maè hérissa Tristan.

    - Comment tu fais pour être toujours de bonne humeur ? Avec tout ce qu'on subit ici...

    - Et toi, comment tu fais pour toujours trouver une raison de râler ? Il est normal cet orphelinat, on a de la chance que quelqu'un s'occupe de nous.

    - T'es trop jeune pour comprendre. Et t'as jamais rien connu d'autre, normal que tu ne puisses pas comparer.

    Il vit les larmes monter aux yeux de la fillette. Comprenant qu'il avait été trop dur, il voulu s'excuser, mais elle se leva de table.

    - J'ai fini de manger.

    Elle emporta son assiette vide et son verre et s'éloigna dignement. Tristan s'en voulait déjà de l'avoir rabrouée ainsi, mais il ne s'inquiétait pas : malgré son fort caractère, elle n'était pas rancunière. Une patience infinie qui expliquait sans doute son total aveuglement sur leur situation à l'orphelinat. Sans compter qu'elle était arrivée très jeune, elle n'avait pas de souvenir précis de ses parents et de sa vie d'avant.

    Il ne la revit pas de l'après-midi. En confection, il travaillait dans l'atelier des "grands" et elle des "moyens". Il avait donc droit aux travaux les plus ennuyeux et rébarbatifs de l'atelier, mais non moins compliqués : la couture des différentes pièces, ou les ourlets pour leur éviter de s'effilocher... La cloche du soir fut donc accueillie avec soulagement.

    Les plus jeunes avaient déjà mangé et attendaient dans les chambres. Il fallait toujours se coucher tôt à l'orphelinat, avec la stricte interdiction de sortir après le couvre-feu. On racontait chez les anciens que les infortunés désobéissants ne revenaient jamais... Tristan était prêt à le croire. Par contre, il n'en avait jamais parlé à Maè. La petite était trop jeune pour qu'on l'accable de pareils soucis.

    En marchant dans le couloir qui menait à sa chambre, il passa devant celle de la fillette. Il voulait se réconcilier avec elle, se faire pardonner son attitude du midi. Vérifiant que personne ne le surveillait, il entrouvrit la porte de bois clair et se glissa à l'intérieur.

    - Tristan ? Qu'est ce que tu fais là ?

    - Je ne reste pas longtemps, promit-il. Ça va depuis tout à l'heure ?

    A la moue qu'elle fit, il comprit qu'elle n'avait pas oublié. Mais en quelques instant, son air buté fondit pour laisser place à son traditionnel sourire enjoué.

    - Ça va. On a décoré des chapeaux, avec plein de plumes colorées !

    Pour illustrer ses propos elle en tira une de sa poche, rouge, probablement chipée dans les réserves de l'atelier. En temps normal, il l'aurait gentiment sermonnée et ils auraient rit ensemble. Il ne se sentait pas d'humeur.

    - Je me demande à quoi ça sert, tout ça. De rester ici. Personne ne vient jamais de toute façon.

    Maè ouvrit de grands yeux horrifiés.

    - Tu ne vas pas recommencer ! Hadrian est là pour s'occuper de nous, il ne nous voudrait aucun mal.

    - Hadrian est un imbécile inutile qui nous garde enfermés loin de tout ! Je comprends que tu arrives à te satisfaire de son autorité, mais admets au moins que cet orphelinat n'a aucun sens.

    Maè haussa les épaules. Pendant qu'il parlait, elle jouait avec l'ombre de sa plume sur le mur, comme si ses propos ne la concernaient pas. Pourtant, elle finit par redresser le regard et répondre d'une voix indifférente.

    - On est bien ici. On a à manger, un abri, et puis on s'amuse bien parfois...

    Il soupira. C'était peine perdue. A quoi s'attendait-il de toute façon ?

    - Ce soir, je m'en vais.

    Il s'entendit lancer cette déclaration sans aucun remord. Et, avec surprise, il se rendit compte qu'elle était vraie.

    - Ben oui, normal. Tu dois retourner dans ta chambre.

    - Non, tu n'as pas compris : je m'en vais. Je pars. J'en peux plus de cet endroit, et je n'ai pas envie d'y finir ma vie. Je suis désolé de devoir vous abandonner, mais c'est ainsi.

    Il vit les yeux de la fillette s'embuer et la serra dans ses bras. Il s'était vraiment prit d'affection pour elle et ses bouclette brunes, ses yeux rieurs et ses tâches de rousseur.

    - On se reverra ?

    - Je vais aller vers les montagnes... Un jour toi aussi tu quitteras ce lieu. Et alors oui, on se reverra.

    Elle était triste, mais pour une fois elle n'essayait pas de le faire changer d'avis. Il lui en était reconnaissant. Sa froide volonté était aussi fragile et vacillante que la flamme d'une bougie.

    Il n'avait pas beaucoup d'amis à l'orphelinat, les adieux ne furent pas longs et déchirants. Un cadeau de la part de Maè, une promesse, et il était parti.

    "On se reverra."

    Les fenêtres se fermaient de l'intérieur, il n'eut pas de mal à les ouvrir.

    "On se reverra."

    Emmitouflé dans un manteau d'hiver, il se glissa dehors. Un dernier signe à Maè, et il la vit refermer les rideaux derrière lui.

    "On se reverra..."

    Il était maintenant dans le noir presque total, et un vent glacial soulevait les pans de son manteau. Il le réajusta en frissonnant, se mit en route. Pas de grillage à l'orphelinat, pas de gardien. Le désert qui les entourait de toutes parts représentait une barrière bien assez efficace.

    Faiblement éclairé par la lune, il prit la route qui menait vers les montagnes. Leurs lointaines silhouettes se découpaient sur fond étoilé, droit devant lui.

    Tristan marcha longtemps dans le froid nocturne. Il voulait s'éloigner au plus de l'orphelinat et ne se sentait pas vraiment fatigué. Au contraire, une énergie gonflée d'excitation menait ses pas avec assurance sur les cailloux grossiers de la route.

    "Il bougent."

    C'était vrai. Ces cailloux que chaque matin ils déplaçaient sous les ordres acharnés de Hadrian, ils semblaient profiter de la nuit pour glisser, rouler, parfois jusqu'à la route sinueuse. L'obscurité ne permettait pas à Tristan de voir précisément la scène. Il apercevait parfois au hasard des jeux de lumière qui une oreille, qui une queue nue, qui un œil globuleux. Des choses vivaient sous le sol des plaines. Pas plus hautes que les cailloux qu'elles déplaçaient, sans doute pas plus agressives, elles provoquèrent pourtant au garçon un sentiment de malaise qu'il ne s'expliquait pas. L'angoisse d'être vu sans pouvoir voir, sans doute. La preuve d'une présence si proche qu'il avait toujours ignorée, sûrement.

    Mais il marchait toujours. Pas une seule fois il ne se retourna, fixé droit sur les montagnes. Il allait les rejoindre, et allait les gravir, et après... et après quoi ? Il allait vivre, point.

    Après le froid mordant de la nuit vint la chaleur écrasante du jour. Le soleil montait lentement dans le ciel parfaitement bleu et accablait Tristan. Le garçon abandonna son manteau sur le bord de la route, priant pour atteindre sa destination avant le coucher du soleil. Sinon... il gèlerait simplement sur place.

    Vers le milieu de journée, la fatigue commença à s'emparer de ses muscles. Et la faim aussi. L'orphelinat était loin derrière, et les montagnes tellement proches que leur masse imposante barrait la moitié du ciel devant lui. Mais encore si lointaines pour ses petites jambes d'humain...

    A un moment, il vit passer un oiseau. Bleu. S'il avait pu, il l'aurait volontiers abattu pour en faire un repas, mais il n'avait rien d'autre que ses vêtements de laine et sa petite gourde presque vide. Oh, et le cadeau de Maè.

    A plusieurs reprises, il voulu s'arrêter sur les bord de la route, mais la voix grondante d'Hadrian résonnait dans son crâne fiévreux.

    "Allez, du nerf ! Il faut avoir terminé avant que le soleil ne disparaisse !"

    C'était idiot de penser à lui alors qu'il cherchait justement à le fuir. N'empêche qu'il finit par atteindre le pied des montagnes juste à temps, alors que le crépuscule tombait lentement. Affamé, affaibli, fier de lui, Tristan chercha un abri parmi les rocs brisés. Il trouva un petit sentier en lacet qui menait vers les hauteurs et l'emprunta le temps d'atteindre une petite grotte. Il avait juste la place de s'y glisser et de s'y pelotonner dans un coin, puis de fermer les yeux en tremblant.

    Il faisait froid. La pierre était dure. Il avait faim aussi.

    C'est un son étrange qui le réveilla le lendemain matin. Frigorifié et trempé jusqu'aux os, il s'extirpa de sa cachette et tendit l'oreille pour définir l'origine du son. C'était une sorte de chant lent, glissant entre les roches à la manière d'un serpent paresseux. Il semblait venir de partout à la fois, un peu comme le son d'une flûte qui aurait trouvé son écho sur la moindre aspérité de la pierre. Tristan se rendit compte de la chance qu'il avait eue la veille de ne pas tomber ni trébucher sur un de ses cailloux traîtres.

    Faute de mieux, il poursuivit son ascension le long du sentier. Plus il montait, plus le chant s'amplifiait. Bientôt, il put reconnaître une mélodie et même des paroles dans une langue inconnue.

    "C'est une personne qui produit ces sons. Quelqu'un vit ici !"

    Réconforté, il accéléra le pas.

    - Bonjour, jeune homme. Quel bon vent t'a poussé jusqu'ici ?

    Le chant s'était tu. Tristan leva les yeux vers l'origine de la voix et remarqua pour la première fois une femme perchée sur un rocher. Grande, sans âge, vêtue d'amples pans aux teintes chaudes, elle arborait une peau mâte et de longs cheveux noirs.

    - Le vent de la liberté, madame. Je viens de l'orphelinat.

    Elle descendit avec agilité de son piédestal.

    - Je m'en doute bien. Félicitation, tu a l'air plutôt en forme. Que dirais-tu de partager mon repas ?

    Le ventre de Tristan fit savoir son enthousiasme par de sonores gargouillements. Il n'avait pas mangé depuis deux jours... il s'étonnait lui-même de tenir encore debout.

    - Viens. Ma maison se trouve dans les hauteurs.

    Tristan n'avait même pas la force de se méfier. Il se laissa guider le long des sentiers jusqu'à une crête en sommet de montagne. Ce n'était pas la plus haute, ni la plus impressionnante, mais de là ils avaient vue sur la vallée. Devant lui s'offrait un tout nouvel horizon, verdoyant, parsemé de bois, de champs, de villages. Il se retourna et vit le désert de rocaille s'étendre à ses pieds jusqu'à perte de vue. Gris, sec et dur, avec une seule oasis improbable pour en rompre la monotonie : l'orphelinat. Vu d'ici, il semblait si petit...

    - Alors, qu'attends-tu ?

    La femme l'appelait depuis la porte d'une maison en pierre à quelques mètres de là. Elle souriait avec bienveillance. Il la rejoignit.

    L'intérieur de la maison était simple et rustique. Une odeur de bouillon et de pain chaud emplissait l'air, lui mettait l'eau à la bouche. La femme servit le repas.

    Il n'avait d'attention que pour son assiette : la bouche pleine, les sens empâtés, il ne regardait même pas sa bienfaitrice. Le bouillon fut englouti trop rapidement et le pain utilisé pour saucer le moindre reste de son écuelle. Et, enfin, il releva les yeux.

    - M... merci.

    Comme son cerveau se remettait à fonctionner, il se rendit compte que jamais il ne serait arrivé sans cette femme. Peut-être même qu'il n'aurait jamais quitté sa petite grotte froide. Cette pensée le fit frissonner.

    - Ce n'est rien. Cela dit, j'ai d'autres pensionnaires... que dirais-tu de m'aider à m'occuper d'eux ?

    Surpri, il accepta tout de même. Quels pensionnaires ? Il ne voyait personne ici, et cette chaumière n'était pourtant pas bien grande.

    Il la suivit dans la pièce adjacente, et la réponse s'imposa avec évidence.

    Des oiseaux.

    Une demie-douzaine d'oiseaux de toutes les couleurs.

    Des oiseaux blessés, des oiseaux malades, des oiseaux perdus. Tous des rescapés qui regardaient les nouveaux venus avec des yeux affolés.

    Devant l'incrédulité du garçon, la femme expliqua :

    - C'est pour eux que je me suis installée ici. Ils sont nombreux à venir épuisés du désert, ou à s'écraser contre les falaises les jours de grand vent. Je les recueille, je les soigne, et je les libère quand il sont prêts à partir.

    Tristan n'en revenait toujours pas de ce qui lui arrivait. Il aida la femme à nourrir les oiseaux et l'observa changer des bandages. Elle agissait avec douceur mais fermeté, car les blessés tentaient de se débattre.

    - Qui êtes-vous ?

    - Les gens qui viennent ici m'appellent la Chanteuse, tu comprends certainement pourquoi. Ils se soucient rarement de mon identité. Je m'appelle Iris... mais après tout, quelle importance ? Ce n'est qu'un nom.

    Tristan n'insista pas. Toutes ces plumes lui rappelaient Maè et son cadeau.

    "On se reverra."

    Plusieurs oiseaux allaient mieux, ils pouvaient être libérés. Le jeune homme aida Iris à sortir les cages sur la corniche, face à la vallée verdoyante.

    - Nous allons ouvrir... prêt ?

    A l'instant où le ciel s'offrit à eux, les oiseaux prirent leur envol dans un tourbillon de plumes colorées. Il s'élancèrent sans hésitation et s'éloignèrent, ivres de liberté.

    - Même pas un regard de remerciement ?

    - Ils ne comprennent pas que je les ai aidés. Ils pensent peut être que j'étais un prédateur, ou que je leur voulais du mal...

    - C'est idiot !

    - C'est mieux ainsi. Il n'ont pas de remord à s'envoler et ne reviendront pas vers les hommes.

    Tristan regarda un instant derrière lui. Le désert, et, au loin, l’orphelinat. A cette heure-ci, Hadrian devait essayer d'inculquer les lois de la grammaire aux plus petits. Secouant la tête, il se tourna à nouveau vers Iris.

    - Merci pour tout. Il est temps que je reparte.

    - Prends garde : la vallée est belle, mais dure elle aussi.

    - Peu importe : je ne suis pas démuni.

     

    Quelques temps plus tard, il descendait à flanc de montagne vers les vallées verdoyantes. Il sifflotait, et, sur sa tête, la petite plume rouge se mêlait à sa chevelure.

    "On se reverra."

     

    Fin

     


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